Description de l'œuvre
« Kiss Me» c'est un pied de nez, comme cette fable de La Fontaine où la grenouille voulait se faire plus grosse que le bœuf. Ici c'est un crapaud paré de cristaux et aux lèvres d’or. Une invitation à l’embrasser, à s’embrasser. Tel que l’on est, tel qu’un miroir caché sous le crapaud nous révèle : vrai, nu, sans filtre, à l’instar des réseaux sociaux souvent très (trop?) hors de la (vraie) vie, qui enjolivent la réalité avec des filtres gommant, lissant, édulcorant… Nourriture d’égo? Imminente névrose? Déshumanisation? Embrassons nos imperfections. Soyons Imparfaits oui, mais imparfaits heureux, imparfaits couronnés. Et peut-être nous transformerons-nous en prince ou princesse des temps modernes ? Promesse d’un monde meilleur ? » 2022 Faïence blanche, émail brun auré, strass Swarovski, miroir Dimensions : haut = 14cm, large = 11.5cm, profondeur = 11cm Poids : 0.447 kg Envoi possible, frais d'envois en sus à la charge de l'acheteur, mais préférer un enlèvement en main propre à l'atelier.
À propos de l'artiste
L’art de la céramique permet à Stanislas Cornier de nous ouvrir les portes d’un monde de fables et de contes où le clinquant côtoie le précieux, où les objets sont sublimés et semblent provenir d’un trésor dont l’artiste nous livre généreusement une partie dans le cadre de l’exposition « Kiss Me ».Chaque pièce fabrique un récit dont les bribes remontent à l’enfance ou renvoient plus profondément aux grands mythes fondateurs. Ainsi elles mettent en lumière des morceaux d’imaginaires qu’adultes, nous avons eu tendance à enfouir pour regarder la réalité d’un monde
où le rêve est une perspective difficile. Pourtant, les artistes comme Stanislas Cornier sont en capacité d’aller rechercher ces images, reliques d’un monde en déclin, vestiges d’un décor enchanteur.
Son travail est caractérisé à la fois par son étonnante virtuosité technique mais également par les matériaux précieux utilisés comme la feuille d’or ou d’argent, les strass Swarovski, le verre et le cuivre, les émaux à effets…tout ce qui confère aux formes leur apparence unique et leur richesse.
Pourtant, l’artiste utilise des terres recyclées, brutes, qu’il travaille et fignole jusqu’à l’obtention de minutieux détails à la manière d’un orfèvre.
Sa série de crapauds et grenouilles couronnées (« Kiss me » et « Just a Little Kickss ») symbolise les désirs cachés qui nous façonnent, en s’appuyant sur une créature qui renvoie à nos peurs mais aussi à notre envie de les dépasser. L’artiste s’empare également de plusieurs codes et rituels religieux à travers son « reliquaire pour 3 dents » ou ses « Bénitiers ». Ce corpus de formes est toujours détourné de ses aspirations premières et c’est ce qui permet de les ancrer dans une temporalité essentiellement contemporaine. Les années 90 représentées par les cassettes, K7 VHS, ou encore les disquettes, s’intègrent dans des plats décoratifs aux allures classiques, voire antiques parfois.
La céramique de Stanislas Cornier est donc un remarquable mélange des genres qui s’assume parfaitement : à la fois dans ses propres références artistiques et culturelles mais également dans ses allures clinquantes et extravagantes.
Mathilde Jouen
Commissaire d’exposition
Mai 2025

