Description de l'œuvre
BIBLIOTHEQUE DE FORMES MEMOIRES Le projet est une installation en deux parties. La première partie est un ensemble d’une cinquantaine de pièces, accroché au mur. Il s’agit d’une bibliothèque de « formes mémoires ». Les « formes mémoires » sont composées de vaisselles détournées, à l’image des assiettes décoratives que l’on peut trouver sur les murs de nos grands-mères. Dans chacune de ces pièces est contenu une prise d’empreinte du corps, ou d’un élément du quotidien comme une trace ou un souvenir. Au mur, les différentes parties d’un « soi » présentées comme une sorte de cartographie intérieure, tel un cabinet de curiosité où venir piocher des souvenirs. C’est cette bibliothèque de « formes mémoires » qui sert de base de recherche pour la conception de la deuxième partie de l’installation. Une colonne « Totem » entièrement fabriquée par l’assemblage de pièces estampées directement dans ces « formes mémoires ». Une colonne « Totem » comme une ruine ou le vestige d’un sanctuaire retrouvé ou encore les premières pierres d’un sanctuaire à construire. Des feuilles d’or, d’argent et de cuivre comme des voiles, comme des peaux, revêtent chacun des objets conçus par Stanislas Cornier, du plus rudimentaire au plus baroque. Elles viennent éteindre, en l’enjolivant un peu, sa peine et donner de l’éclat à son humour désabusé. Aucune hiérarchie n’oppose les ‘contenants’ aux objets d’art. Tous déclarés fonctionnels sans qu’aucun ne le soit vraiment, leur propos se situe ailleurs. S’ils incarnent naturellement une forme de critique sociale visant à condamner la superficialité et le consumérisme, ses Formes-mémoires véhiculent surtout l’idée du cérémonial qui rythme le quotidien de chacun (…). 2023 Faïence blanche chamottée recyclée, dorure feuille métallisée noire, feuille d’or 22 karats, kintsugi poudre d’or 23,75 karats, vernis gomme laque et vernis brillant. Dimensions : long = 28.5cm, large = 23.5cm, profondeur = 4cm Poids : 0.515 kg Envoi possible, frais d'envois en sus à la charge de l'acheteur, mais préférer un enlèvement en main propre à l'atelier.
À propos de l'artiste
L’art de la céramique permet à Stanislas Cornier de nous ouvrir les portes d’un monde de fables et de contes où le clinquant côtoie le précieux, où les objets sont sublimés et semblent provenir d’un trésor dont l’artiste nous livre généreusement une partie dans le cadre de l’exposition « Kiss Me ».Chaque pièce fabrique un récit dont les bribes remontent à l’enfance ou renvoient plus profondément aux grands mythes fondateurs. Ainsi elles mettent en lumière des morceaux d’imaginaires qu’adultes, nous avons eu tendance à enfouir pour regarder la réalité d’un monde
où le rêve est une perspective difficile. Pourtant, les artistes comme Stanislas Cornier sont en capacité d’aller rechercher ces images, reliques d’un monde en déclin, vestiges d’un décor enchanteur.
Son travail est caractérisé à la fois par son étonnante virtuosité technique mais également par les matériaux précieux utilisés comme la feuille d’or ou d’argent, les strass Swarovski, le verre et le cuivre, les émaux à effets…tout ce qui confère aux formes leur apparence unique et leur richesse.
Pourtant, l’artiste utilise des terres recyclées, brutes, qu’il travaille et fignole jusqu’à l’obtention de minutieux détails à la manière d’un orfèvre.
Sa série de crapauds et grenouilles couronnées (« Kiss me » et « Just a Little Kickss ») symbolise les désirs cachés qui nous façonnent, en s’appuyant sur une créature qui renvoie à nos peurs mais aussi à notre envie de les dépasser. L’artiste s’empare également de plusieurs codes et rituels religieux à travers son « reliquaire pour 3 dents » ou ses « Bénitiers ». Ce corpus de formes est toujours détourné de ses aspirations premières et c’est ce qui permet de les ancrer dans une temporalité essentiellement contemporaine. Les années 90 représentées par les cassettes, K7 VHS, ou encore les disquettes, s’intègrent dans des plats décoratifs aux allures classiques, voire antiques parfois.
La céramique de Stanislas Cornier est donc un remarquable mélange des genres qui s’assume parfaitement : à la fois dans ses propres références artistiques et culturelles mais également dans ses allures clinquantes et extravagantes.
Mathilde Jouen
Commissaire d’exposition
Mai 2025

